C'était les seuls mots qui lui venaient en tête pendant qu'elle courait dans la ruelle pour échapper aux deux hommes qui étaient sorti de nul part et qui l'avait accosté d'une manière un peu vulgaire, limite brutale. Terrorisé, Anna s'était découvert une force qu'elle ne connaissait pas et avait bousculé l'un des deux agresseurs et avait fuit dans une ruelle dans l'espoir de déboucher sur une rue passante. Malheureusement, la chance n'avait pas été avec elle ce soir et elle se sentait s'enfoncer de plus en plus loin dans d'épaisse ténèbres qu'elle ne connaissait pas de Montréal.
Les jambes meurtries, elle ne prit même pas le temps de se retourner avant de se diriger dans une ruelle qui, espérait-elle, déboucherait sur une rue passante où tous les regards des étrangers la protègerait de ses deux assaillants. Trébuchant sur une vieille boite de métal rouillé, elle tourna ce qu'elle pensait être la fin de son calvaire puis déboucha sur un cul de sac...
Elle sentait déjà les empreintes très agressives de ses deux bourreaux et ne savait plus quoi faire, coincé entre trois murs et deux gorilles, tremblante, elle se laissa tombé par terre, les genoux écorché et les yeux gonflés par les larmes, elle attendait sans force. Puis elle sentit une autre présence et entendit deux légères détonations...
Dans sa main, Philippe tenait un pistolet sur lequel était installé les long tuyaux silencieux que l'on voit dans les films d'espions. Anna tremblait par terre, juste devant deux hommes fraîchement tué devant ses yeux ébahis. Fixant les plaies encore fumantes des deux êtres qui échappaient peu à peu leur vie, elle resta paralysé de terreur pendant que Philippe, calme et minutieux s'occupait de la remettre debout et de dépoussiérer son blouson de jeans. D'un voix douce et égale il dit : « allons-nous en d'ici Anna, ça ne sert à rien de pleurer sur ces deux hommes qui t'aurait probablement réservé le même sort.» Machinalement, Anna acquiesça en hochant de la tête et se laissa guider par le jeune homme qui semblait totalement détendu de marcher avec un grand pistolet dans la main. Après avoir dévissé le silencieux, démonté le fusil et caché les morceaux un peu partout sur lui, il fini par briser le silence :
« Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ?»
Anna reçu la question comme un coup de poing au visage, elle ne savait pas quoi dire et les derniers événements lui tournait dans la tête. Elle bégaya un instant et fini par articuler tranquillement : « Tu aurais pu leur tirer dans une jambe ou quelque chose du genre.»
- Pour qu'ils se vengent plus tard ?
- Non Philippe, pour qu'ils vivent, dit-elle au bord des larmes.
- C'est toi que je voulais voir saine et sauve, Anna.
- Mais...
- Mais le monde n'est pas un conte Anna, ces deux gars t'aurait fait du mal ! Il aurait abusé de toi et t'aurait ensuite laissé pour morte dans la ruelle. Tu aurais ensuite peut-être pu retrouver une rue passante et attendre que quelqu'un t'aide, mais laisse moi t'avertir, c'est beaucoup plus long qu'on ne le pense. Tu aurais ensuite, enchaîna-t-il, eu à suivre combien d'années de thérapie pour te sortir de l'enfer que tu te serais toi-même créée ? Et vers les 45 ans tu aurais pu reprendre une vie normale. Ne me juge pas, j'ai fait ce qu'il y a de mieux pour tous le monde!
Anna sanglotait et retenait très mal ses larmes, c'était la première fois qu'elle voyait un homme mourir et de plus, c'était le jeune homme qu'elle considérait comme le plus gentil au monde qui venait de froidement assassiner deux être humains. C'est d'ailleurs dans cet ordre de pensées qu'elle réalisa très soudainement que son empreinte à lui, n'avait pas changé du tout. Cela pouvais vouloir dire deux choses ; où Philippe était réellement immunisé à tout changement d'humeur ou d'émotion où il avait déjà tellement tué, que pour lui, c'était aussi anodin que d'ouvrir une porte...
À suivre...


